rubrique Maladies dégénératives

Asthme & allergie

On assiste depuis trois décennies à une explosion incontrôlée des maladies allergiques dont la morbidité s'accroit de 50% à chaque décennie et qui atteint actuellement 30% de la population française (3,8% en 1968, 10% en 1982, 28% en 1992).

La progression se poursuit sans qu'une parade efficace ne lui soit opposée : la désensibilation est abandonnée chez lez anglo-saxons, les anti-histaminiques n'ont qu'un effet symptomatique, 73 % des malades redoutent qu'un traitement broncho-dilatateur continu n'entraîne une servitude et que les corticoïdes n'aggravent leur état.
Concrètement, AUCUNE FAMILLE FRANÇAISE N'EST EPARGNEE.
A l'exception toutefois de groupes qui restent indemnes sous l'effet d'une procédure aussi simple que conforme aux données classiques de la Biologie qu'il convient de rappeler :
- D'une part, au cours de l'organogénèse, toutes les fonctions passent par un stade initial de maturation, dit "période sensible", au cours de laquelle une carence ou une insuffisance de stimulation laisse un stigmate indélébile.
C'est ainsi qu'un souriceau dont on bande les yeux à la naissance pendant quelques heures restera malvoyant pendant toute sa vie.
- D'autre part, l'enfant présente à la naissance un système immunitaire immature et afontionnel mais un système de reconnaissance antigénique développé qui régresse avec l'apparition du pouvoir de synthétiser des anticorps.
C'est la période sensible dite de "tolérance immunitaire" qui permet à l'organisme de reconnaître et de tolérer par la suite sans réactivité ses propres constituants et ceux de l'environnement avec lequel il est destiné à vivre.
Au terme de cette période post-natale ne restent réactigènes et allergéniques que les constituants du biotope qui, par leur absence ou leur insuffisance de contact, ont échappé à la reconnaissance et à la tolérance mémorisée du système immunitaire.
C'est le CAS PARTICULIER des naissances qui se produisent à l'étiage de concentration saisonnière minimale en pollens et spores, à la charnière mars-avril à notre latitude.
Le pic d'atopie y est alors impressionnant.

C'est surtout le CAS GENERAL qui résulte de l'accession à la modernité des conditions péri-natales que caractérise une asepsie systématique. La substitution d'une obstétrique hospitalisée à l'accouchement domestique, favorisée par une urbanisation qui regroupe 75,5 % de la population, réalise autour du nouveau né une bulle stérile dans laquelle le processus de tolérance immunitaire reste atrophié par manque de stimulation. Sont systématiquement traqués et chassés des salles de travail, d'incubation et de séjour, à la période la plus active de tolérance immunitaire, tous les facteurs qui la génèrent : poussières, pollens spores, moisissures, poils, plumes, saprophytes, germes.

La sanction en est réduction définitive de la tolérance immunitaire. Celle-ci, très active à la période post-natale avec un rapport élevé antigène/cellules immuno-compétentes (réagines IgE à 0,2 UI/ml), régresse rapidement (avec un taux de 0,7 au 2` mois) et s'éteint avant le 6""'' mois (taux de 2,7) en même temps que la période de reconnaissance neutralisante adoptive.

CE MECANISME BIOLOGIQUE REND COMPTE DE TOUTES LES EXPRESSIONS DE LA CINETIQUE ACTUELLE DES ATOPIES IMMUNITAIRES
- prévalence des manifestations allergiques dans les pays et les classes favorisés
- participation des groupes défavorisés au fur et à mesure de leur accession à la modernité
- progression parallèle à celle de l'urbanisation qui concerne actuellement 75,5 % de la population
- protection, dans une même aire, avec un ratio de 0,14 - 3,17 %, des enfants nés en contact étroit avec un milieu rural
- innocence actuellement reconnue de la pollution atmosphérique qui est aggravante mais non initiatrice de l' atopie.

LA SOLUTION
La solution, simple au point d'en paraître dérisoire, mais dont un recul de deux décennies confirme l'efficacité, consiste à assurer le contact post-natal avec les constituants du biotope pour que celui-ci ne soit plus réactigène.
La procédure se borne à souffler au dessus du berceau du nouveau-né une pincée de poussière de maison recueillie en août dans le sac d'un aspirateur domestique et à laquelle on ajoute un mélange de pollens vendu dans le commerce.
La stérilisation en est inutile en raison de la couverture par les immoglobines maternelles ; de plus, elle risque, si elle est thermique, d'altérer la stéreo-configuration de structures antigèniques et de supprimer des tolérances croisées induites par leurs déterminants.

Docteur André Gernez

Bibliographie - Sources et informations complémentaires
Union Biologique Internationale - mars 2000
Atlas de biologie Stock 309
Revue française Allergologie 1979 19,3
Encyclopédie Medico-chirurgicale
Pédiatrie 3 - 8000 h 10
Immunologie PUF 64
Immunologie Delaunay 66
Les pollinoses Lab. Fisons 212
Q M 26-287
Pédiatrie Pasteur V R. 28 D
Allergologie et immunologie 1985XVII 153
Pathologie médicale Pequinot 184
Gazette médicale 1987 ; 94 n° 13

NDLR : Toute aide, critique, complément d'informations et expériences sont les bienvenus.

 

Afin d'être en conformité avec la loi française, nous vous signalons que vous ne devez tenir aucun compte de tout ce qui est dit dans ce site. En cas de maladie, vous devez consulter un médecin et vous conformer à ses prescriptions.