Antoine Béchamp

Le professeur Antoine Béchamp était médecin, chimiste, professeur à la faculté de médecine de Montpellier, doyen de la faculté catholique de Lille, membre de l'Académie de médecine de Paris. Son nom n'est pratiquement jamais cité dans les dictionnaires et encyclopédies. S'il l'est, il est simplement désigné comme étant un précurseur de Pasteur. Pasteur ne cessa, durant- de nombreuses années, de critiquer les travaux de cet éminent scientifique, de nuire à sa réputation, pour finalement s'attribuer le mérite des découvertes réalisées par ce dernier, en complète contradiction avec la théorie farfelue de la génération spontanée qu'il avait soutenue en truquant ses expérimentations.
Le professeur Béchamp débuta sa carrière par une thèse de médecine sur les substances albuminoides et leur transformation en urée. Parce qu'elle allait à l'encontre de toutes les idées reçues et admises, cette thèse souleva de vives critiques. Elle démontrait le mécanisme de la fermentation et de la putréfaction. Plus tard, par ses remarquables recherches sur les germes, sur les ferments, sur la matière organisée, Béchamp en était arrivé à conclure que la cellule considérée par Virchow comme étant l'unité vitale fondamentale, n'était, en réalité, qu'une étape de la vie manifestée, de l'organisa-tion de la matière et qu'en deçà d'elle, il existait des éléments simples, sources de vie, causes premières, ferments puissants donnant naissance à des êtres de plus en plus complexes : les vibrions, bactéries, etc. À l'aide de la méthode expérimentale, Béchamp a permis d'entrevoir que les fameux microbes pathogènes pouvaient ne pas être des agents venus de l'extérieur, mais simplement des éléments de l'organisme, des produits de l'organisme. Par voie de conséquence, il a fait apparaître la valeur, l'importance capitale du terrain dans le phénomène morbide, mise en lumière par Hippocrate, acceptée comme dogme par toute la médecine traditionnelle et niée, bien entendu, par l'ignorante bactériologie.

Béchamp découvrit qu'en dehors des germes connus, il existe dans l'air, l'eau, le sous-sol, les terrains crétacés, des corpuscules infiniment petits nécessitant un grossissement de 600 pour les mettre en évidence. Ces grains de matière, pris pour des poussières inertes, furent démontrées par Béchamp constituer des êtres organiques vivants doués de toutes les facultés des macro-organismes, se nourrissant, excrétant, se régénérant, se multipliant, puis, dans certaines conditions extrêmes, devenant vibrions, bactéries, bacilles, etc. Il les vit revenir aussi par désintégration à l'état de corpuscules infiniment petits. Il les nomma microzymas.
Ces microzymas, d'après Béchamp, sont les agents primordiaux de la vie, de l'évolution de la vie animale et végétale, les agents de la manifestation de la vie et de la fermentation. Ils sont au nombre de plusieurs milliards dans le sang, les tissus, les cellules, et spécifiques pour chaque classe de tissus, d'organes. Le microzyma est le fonde-ment de toute vie organique et les conditions de milieu physique, chimique, atmosphérique, dynamique déterminent les évolutions de ces micro-organismes avec celles des cellules, tissus, organes, appareils, systèmes divers des macro-organismes (végétaux, ani-maux, hommes, organiques).

Dans Les microzymas, Antoine Béchamp démontra que le microzyma est le facteur de toute vie et l'agent primordial de l'évolution physiologique; que les vaccins, virus, sérums néfastes, etc., sont des microzymas dégénérés qu'on retrouve dans le pus, virus, matières morbides; que le microbe (microzyma) est un macrobe, vu sa pérennité, sa vie indestructible, et que le microbe est l'organisme complexe (végétal, animal, homme, organique) qui vit un temps donné et disparaît comme organisme. Dans cet ouvrage, on peut lire :
"Le fonctionnement physiologique et chimique d'un organisme et de chacune de ses parties dépend de son organisation et de celle de ses parties; et ces organisations dépendent de celle des microzymas, éléments anatomiques de ses parties, et, en particulier, de leurs cellules et tissus. Or, j'ai démontré que, fonctionnellement, les microzymas des tissus et cellules des organes sont divers : autres les microzymas du système nerveux; autres ceux du système circulatoire; autres ceux des glandes gastriques; autres ceux du pancréas; autres ceux des ceufs, etc. Les microzymas, éléments anatomiques des divers organes, comme ceux de la glande mammaire, sont donc partie intégrante et de même origine que les organes, au même titre que toutes les autres parties d'un organisme et peuvent différer fonctionnellement d'un organisme à l'autre, comme il a été dit de ceux des glandes mammaires et des laits. Et, naturellement, ils fonctionnent dans toutes les parties pour eux-mêmes d'abord, comme individus vivants; pour les cellules et tissus ensuite, et tous ensemble au profit du tout vivant. C'est ce que le docteur Antoine Cros appelait coordination. J'ai isolé, Estor et moi avons isolé, de ces microzymas. Or, j'ai démontré que, libres, ayant cessé d'être éléments anatomiques, ils ne fonctionnent plus que comme de vulgaires ferments, agissant dans d'autres conditions que dans l'état anatomique sur les mêmes matières dont ils peuvent se nourrir. "L'organisation d'une cellule et son existence sont transitoires; celles d'un microzyma ne le sont pas. Dans l'état physiologique d'élément anatomique, le microzyma, comme la cellule, vit et fonctionne dans l'animal, dans une matière sans cesse oxygénée, où les émonctoires fonctionnent normalement, maintenant la composition du milieu, normale; mais dans une partie séparée de l'animal vivant ou après la mort, le milieu change nécessairement de composition : la respiration cesse, les émonctoires ne fonctionnent plus, et l'on constate bientôt la destruction des cellules et la putréfaction. Ce sont les microzymas qui, ayant détruit les cellules et devenus libres, sont les ferments de la putréfaction, comme dans le lait de vache, les ferments de l'aigrissement et du caillé. Mais les microzymas subsistent; ils peuvent se passer d'oxygène et manifester leur vie par de nouvelles transformations chimiques et devenir bactéries par développement. À leur tour transitoires, ces bactéries, ayant déterminé de nouveaux changements de milieu, deviennent, par régression, des formes vibrionniennes plus simples. Enfin, si les conditions sont réunies, ces formes vibrionniennes se réduisent en microzymas de même forme, agités du même mouvement brownien que dans l'état d'éléments anatomiques. Quant aux microzymas de cette régression, en eux-mêmes n'ayant rien qui puisse les détruire, je les ai démontrés physiologiquement impérissables et capables de redevenir bactéries par développement. Voilà comment j'ai démontré que les prétendus germes de microbes de l'air des pasteuriens sont les microzymas des organismes vivants disparus aux âges géologiques ou à l'âge actuel de la Terre. Rien ne démontre mieux l'insanité du dogme essentiel du pasteurisme."

En conclusion, le professeur Béchamp fut le premier à nier l'existence d'une génération spontanée, croyance si chère à Pasteur. Il fut le premier à établir la constitution de la cellule en mettant en évidence ce qu'on nomme aujourd'hui les organites, ce que Pasteur n'avait jamais découvert. Il fut aussi le premier à démontrer que les maladies peuvent être provoquées non seulement par les germes présents dans l'environnement mais par ceux, infiniment petits, qui existent dans les organismes, susceptibles de se transformer en germes pathogènes. Antoine Béchamp, nous le verrons plus loin, découvrit les agents responsables des maladies des vers à soie. Deux ans plus tard, Pasteur s'attribua cette découverte. Dès 1866, Antoine Béchamp avait en effet découvert les causes des maladies des vers à soie et préconisé les soins nécessaires pour sauver la sériciculture. Quant à Pasteur, nommé expert officiel, rétribué par l'État et envoyé sur les lieux avec des assistants par J. B. Dumas, sénateur du Gard, il avouait ne rien comprendre, allant jusqu'à traiter de fous Béchamp et son ami le docteur Alfred Estor quand ils publièrent dans Le Messager du Midi que l'épidémie était due au corpuscule vibrant parasite extérieur au ver. En 1868, sans aucune espèce de gêne, Pasteur s'attribue le mérite des heureux résultats dans sa lettre du 10 décembre 1868 au Ministre de l'Agriculture !!!

Le génial et honnête Pasteur a donc volé les travaux du professeur Béchamp en renonçant à sa théorie de la génération spontanée, en s'attribuant le mérite de la découverte des agents responsables des maladies des vers à soie et en admettant l'existence des microzymas qu'il appela d'un autre nom, plusieurs années après la publication des travaux d'Antoine Béchamp. Quand, après le décès de Pasteur, on disait à Antoine Béchamp qu'il avait été un précurseur de Pasteur, il écrivait :
"Je suis le précurseur de Pasteur comme le volé est le précurseur de la fortune du voleur, enrichi, heureux et insolent, qui le nargue et le calomnie."
Entre 1883 et 1886, des membres de l'Institut se déplacèrent à Montpellier pour faire détruire par le professeur Eugène Estor, fils d'Alfred Estor, ami de Béchamp, ses travaux et sa correspondance avec celui-ci lorsqu'il professait à Lille ! Antoine Béchamp, il faut le dire, a ouvert l'ère de la biologie moderne, de la biologie moléculaire, de l'immunologie. Si l'on compare les deux hommes, l'on peut affirmer que Béchamp fut un scientifique authentique et génial alors que Pasteur fut un chimiste borné, un plagiaire, un voleur.

Dans les années 1850, deux maladies redoutables ravagèrent la sériciculture : la flacherie et la pébrine. En mai 1867, le journal Le messager du Midi publie les résultats des recherches de deux professeurs, Antoine Béchamp et Alfred Estor, de la Faculté de médecine de Montpellier, qui déclarent que la maladie est parasitaire, transmise par le corpuscule vibrant et indiquent les moyens sanitaires à observer pour obtenir de bons résultats. Deux ans auparavant, en 1865, Pasteur avait été nommé par le gouvernement pour étudier les maladies des vers à soie. Il avait prétendu qu'il s'agissait de maladies constitutionnelles. Lorsque les travaux de Béchamp et Estor sont connus, Pasteur s'élève avec violence contre ces derniers et déclare dans une lettre écrite au sénateur du Gard, J.-B. Dumas "Combien il est erroné de croire que cette maladie n'est pas constitutionnelle et seulement parasitaire. Quel audacieux mensonge de dire que les corpuscules vibrants sont à l'extérieur des neufs et des vers; enfin, je crois que ces gens-là deviennent fous. [...] Mais quelle folie malheureuse que celle qui compromet la science et l'université par des légèretés aussi coupables."
Pasteur déclare que les petits corps (le mot microbe n'existe pas encore, il ne sera créé que 13 ans plus tard) sont seulement des cellules malades du ver lui-même tels que les globules du sang, les globules du pus (sic), etc., qu'ils sont incapables de reproduction et qu'ils sont seulement la conséquence d'un défaut d'éducation dans l'élevage des vers à soie. Un an plus tard, en 1868, il réalise tout à coup que Béchamp a raison. Prenant les résultats du professeur montpelliérain à son compte, il écrit alors de tous côtés, à l'Académie des Sciences, au Ministre de l'Agriculture, qu'il a été le premier à montrer l'origine parasitaire de la pébrine et à déterminer que la deuxième, la flacherie, était une autre maladie indépendante, fait d'une grande importance et entièrement ignoré avant mes recherches, dit-il. En 1870, Pasteur publie un ouvrage sur les maladies des vers à soie et il le dédie longuement à l'Impératrice. Il écrit que, sans elle, il n'aurait pas eu le courage d'entreprendre toutes ses recherches.
Après la chute de l'Empire, et grâce à son ami Paul Bert, il se fait attribuer une récompense nationale de 12 000 F, portée plus tard à 25 000 (somme considérable pour l'époque), qui sera versée chaque année non seulement à lui jusqu'à son décès mais ensuite à sa femme et à ses enfants. Cette récompense nationale lui est versée parce qu'il a sauvé la sériciculture! Comment peut-on qualifier un soi-disant scientifique, un soi-disant biologiste qui, dans un premier temps, se trompe sur l'origine d'une maladie et qui, dans un second temps, s'attribue la découverte réalisée plusieurs années auparavant par un autre ? Comment peut-on qualifier un soi-disant chimiste qui intrigue auprès des instances politiques pour se faire verser une rente annuelle de 25 000 F pour une découverte qu'il n'a pas faite, une découverte appartenant à un autre ? Curieusement, c'est au cours de cette même année 1868, le 19 octobre, que Pasteur fait une hémorragie cérébrale provoquant une paralysie du côté gauche. Peut-on y voir une sorte de justice immanente ?

Source : VACCINATION : Erreur médicale du siècle

Auteur : Dr Louis de Brouwer

 

 

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